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Dualité.....

Publié par Aménothes (Le scribe)

Il est des moments où à force de lire des romans, et d’y voir les personnages  prisonniers de leur auteur, on se dit qu’il serait peut-être bon que ces caractères, créés de toute pièce, mais néanmoins « réels » pour une part, donnent leur avis sur ce que l’écrivain divulgue...C’est pourquoi, il ne faudra nullement être étonné par quelques interventions inappropriées au cours de la narration.

_Inappropriées ? Sympathique, c’est avec mes «interventions inappropriées » que tu vas faire ton beurre ma grande alors respect, ok ?

Et désolée lecteur mais cela commence maintenant....

 

CHAPITRE PREMIER

Assise à la terrasse du café « La Bonne Aventure », queue de cheval tombante,  yeux dans le vague, ni triste ni nostalgique,  elle songe....Elle songe à ses années de jeunesse, où le temps, ce temps après lequel nous courrons perpétuellement, la paniquait.

_Minute papillon ! Fais simple ! On dira plutôt que le cul sur ma chaise à la terrasse du café «La Bonne Aventure » (si tu veux), la queue de cheval à l’envers, les pupilles à l’ouest, et par-dessus tout tran...quille, je me dis qu’il est bien loin le temps où je stressais pour mon avenir, ma carrière, ma reconnaissance sociale et tout mon  tsoin-tsoin.

A l’instant même où ses pensées effleuraient cette notion, une boule d’angoisse naissait, étouffante; un nœud à l’estomac stoppait, l’espace d’un moment, toute digestion possible.  Survint ensuite: bouffées de chaleur, mal de tête, tensions musculaires, qui faisaient de ses gestes un tumulte incompréhensible, aboutissant inexorablement à quelques suites d’évènements, que le commun des mortels appelle « catastrophes ».

_En clair tout ça me foutait le trouillomètre à zéro, et je ne faisais que des conn...

Accumulant les maladresses, nerveuse, elle pestait contre ce temps qui passe et qui ne lui permettrait jamais de se réaliser dans quelque domaine que ce soit. Et quels étaient-ils ces domaines au juste ?

N’en sachant rien elle-même, passant de milieu en milieu, de métier en métier, d’un naturel curieux,  elle accroissait ses connaissances dans chaque microcosme arpenté,  souvent par amour, quelques fois par étourderie et systématiquement par les deux.

_C’est plutôt que complètement pommée, avec des rêves plein la tête mais trop faignante pour les réaliser par moi-même avec  un grand besoin d’amour et un cœur d’artichaut, je suivais le premier qui pouvait me faire décoller.

On la disait lunatique et changeante...Mais,  parfaitement consciente, elle se délectait de ces jugements car aucun ne pouvait au fond cerner ses véritables aspirations. En avait-elle d’ailleurs ?

"Bizarre", "tordue", "manipulatrice",  lui disait sa mère, qui, souffrant de frustrations immenses de part le vide de sa vie, ne perdait jamais une occasion de faire de sa fille le pire démon qui soit. Le fait est que, caméléon, elle se prêtait au jeu de la séduction, ne donnant, à ces pauvres « humains » englués dans de petites sociétés fermées, que ce qu’ils attendaient....  Elle leur donnait une valeur, auprès d’elle, ils se sentaient porteurs d’une mission. Plus exactement, elle devenait ce que les autres avaient besoin qu’elle soit, simplement pour exister eux-mêmes. Mais comme le meilleur moyen de faire fi de son existence est de s’oublier soi-même, Lilia, car c’est son nom, trouvait là, un remède à ses propres questionnements. Elle ne faisait pas autre chose que de se fuir elle-même.

_ Me fuir moi-même, la blague,  je ne me fuyais pas, je me réalisais. Quand tu te changes en quelqu’un d’autre, tu apprends sur le monde qui t’entoure, tu le maîtrises au lieu qu’il te bouffe.

Mais chaque expérience donnait naissance à une lassitude immense, elle s’y ennuyait. L’évolution, les postes, la reconnaissance étaient si loin d'elle,  qu’elle ne pouvait que s’abstenir de terminer ce qu’elle avait commencé à sa façon et faire ce qu'elle savait faire de mieux : "Changer de port".

Enfin libérée,  adoucie par les caresses que délivraient généreusement les rayons du soleil sur sa peau blanche, là en ce mois de septembre célébrant sa trentaine révolue, elle savourait enfin ce temps en suspend. Elle ne courrait après aucun poste de responsable dans une quelconque entreprise, elle ne désirait plus devenir le plus grand metteur en scène respecté de tous, ni le plus grand écrivain du pays, ni être considérée comme la meilleure conseillère des âmes en peine qu’elle avait si souvent traîné comme des ....des...

- Des boulets, oui ma grande...Pour une intello, tu manques de vocabulaire...DES BOULETS

Là, elle ne désirait rien, ne faisait que ce qui lui plaisait au moment opportun, selon ses propres envies, sans contrainte et "bon dieu" ce qu’elle était bien...

Certain dirait que ne rien désirer, est  comme être mort, bien au contraire, pour elle il n’y avait pas de vie plus intense et de moment plus heureux..En cet instants, tous les possibles se dévoilaient...Unerespiration  en dehors du monde tout en étant en son sein...